Moncef MANSI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1949: Naissance de Moncef MANSI à Testour, une ville andalouse dans le nord est de la Tunisie.

Naquit dans un milieu sensible à la musique, son père était un admirateur des Cheikhs de la musique classique arabe tel que Amin El Hassanin .. et la mère a eu, à l'âge de 9 ans, le premier professeur de piano, Kiki Guetta, célèbre musicien et arrière-grand-père de David Guetta.

Enfant, il dessinait et s'interressait déjà à la litterature et la poésie francaises...

Il a commencé dès l'enfance à copier et à étudier Michel Ange, ensuite Léonard De Vinci, puis Botticelli, Rubens et Delacroix et à découvrir leurs spécifités, écoles et esprits, ce qui l'a mené à acquérir leurs techniques.

A 14 ans il exposa ses nus, mais aussi une nature morte à la poubelle qui fit poser des questions, il fut alors interviewé par Khaled Ettlatli qui le distingua parmi les exposants. A 15 ans, époque des premières maisons de jeunes de Tunisie, M. El Kefi, directeur de la maison de Bab Laasal, le fit participer à une exposition avec les peintres de l'époque. A cette occasion, sa peinture "La volonté de vivre" interpella le Président Habib Bourguiba qui le recommanda à M. Chedli Leklilbi, Ministre de la Culture et à M. Hassib Ben Ammar qui lui ont offert soutien et encouragements pendant une période.

Moncef Mansi fût élève de Victor Sarfati au collège Sadiki et d'Ali Issa et Najib Belkhouja, leader du groupe des Six à Ibn Rochd. Avec ce dernier il développa une relation amicale de dialogue de visions sur la situation de la peinture en Tunisie. Najib voyait en lui un pionnier du dessin utile au mouvement de la peinture moderne de Tunisie et l'introduisit dans le mileu de son courant. Dans cette orientation rénovatrice, Moncef Mansi prônait qu'il faudrait arriver à peindre "non pas des tableaux mais des peintures". Il fréquenta ainsi et participa à l'esprit de cette vision de la modernité plutôt qu'aux querelles avec l'Ecole de Tunis...persuadé que la peinture moderne en Tunisie ne devrait pas être une réponse ou une réaction à l'Ecole de Tunis, mais plutôt une refléxion et une prise de position qui devait s'imposer par la qualité du travail et par les valeurs artistiques.

1968: Après ses premières études artistiques à l'Ecole des Beaux Arts de Tunis, il part en Belgique en 1968 suivant le conseil de son professeur Ridha Ben Abdallah, où il s'inscrit à l'Académie Royale des Beaux Arts de Liège. Encore étudiant, il obtient des prix et des distinctions, tel que le Prix Watteau, le Prix André Renard dans une exposition sous le patronage de la Reine Fabiola et de la Princesse Paola.

1971: Premiere exposition personnelle au salon des arts de Mme Nahoum qui le fait connaître par une peinture qui a influencé certains de ses professeurs, dont certains le reconnaissent. Il repart en Belgique et y fréquente le milieu artistique: il en fait sa base de multiples voyages en France et Hollande, Italie, Espagne, Grèce, etc.

1981: Premier et Deuxième Prix de la Ville de Tunis (après une suspension de 10 ans), décerné à l'unanimité du jury, par 10 voix sur 10 à son oeuvre intitulée « L'atelier du dedans ». Cette oeuvre signifie le début d'une ère décisive, tant pour sa carrière que pour l'art en Tunisie et en Méditerranée plus généralement, dans le sens de la réhabilitation de la peinture figurative, par son néo-realisme ne manquant pas de spiritualité. L'abstraction étant a cette époque la peinture de référence et du quotidien, Moncef Mansi vient avec la néo-figuration du savoir peindre, avec les qualités des techniques classiques d'autres qualités d'interprétation d'une peinture moderne néo-académique, néo-réaliste, poétique et symbolique, qui souleva chez des artistes des questions sur la qualité de l'enseignement à l'Ecole des Beaux Arts de Tunis. Débats et tables rondes s'organisent autour de ce thème, dans le milieu et les groupes d'artistes, même la Galerie Irtissam s'engage dans le débat, où une rencontre adopte le sujet de la remise en question de l'enseignement de la peinture en Tunisie. Après ses constats de l'évolution de ce debat trainé dans les cafés à un niveau qui l'inquiétait, il lança un appel à "ne pas détruire, mais construire une logique de débat et une logique de choix d'enseignement utile au pays" plutôt qu'un procès à l'encontre de l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts, signalant à l'occasion que si sa peinture a inspiré aux artistes d'énergies actives de l'époque à se poser cette remise en question, celle-ci doit rester dans une reflexion naturelle et ne pas soulever les passions pour ne pas étre detournée et ne pas être récuperée à des fins de procès parfois intéressés - ce qui ne manquait pas à l'époque...

Il s'inquiéta de la dissolution des objectifs d'une peinture moderne dans une première lecture de "faiseurs d'images" et du "comment". Bien que son initiative picturale vehiculait un renouveau de l'enseignement repondant au besoin d'une peinture moderne de vocation internationale en Tunisie, il craignait que le débat sur l'enseignement détourne de l'objectif initial et soit recupéré. Il pensait en effet que les conditions dépendaient plus des artistes récéptacles et de leurs moyens d'interpréter cette question, sans l'asujettir à leurs besoins et leurs intérêts personels, comme tout objectif de bien commun.

Sa peinture se propose d'être une réconciliation avec la figuration, ses bases, règles et méthodes de construire, composer et créer la peinture et non des images ou tableaux, créer pour des objectifs du développement de l'humain, le monde du dedans et du dehors, l'imaginaire, le spirituel, le social et les droits humains, dans un monde où "l'abstrait, abstraction-lettrisme, calligraphie et anticalligraphie se bousculent une sorte de besoin d'identité et intention de s'accaparer la première place de l'identité picturale arabe des nostalgiques au nom du retour au source", dit il... Bien qu'il décide de repartir à Bruxelles et à Paris, il influence quand même au niveau technique et de réflexion d'une identité, il déclare alors: "Il n y a que la Culture qui puisse unir entre les êtres et les peuples"..

Moncef Mansi a remis à l'ordre du jour une néo-figuration dans ses qualités d'interprétation techniques, visionnaires, intellectuelles ou artistiques, secrétant du socio-soufis. Il recrée la scène de l'Atelier du dedans, L'oeil de la conviction, Le retour de Hassan Al Basri a Haifa et les êtres bandés...

Ainsi Moncef Mansi a participé activement au renouveau de la peinture figurative, à travers des expositions et par des débats et tables rondes dont certaines publiées..

1981: Invité par le dramaturge Azeddine Madani et le Maire de Tunis Zakaria Ben Mostafa, il devient le scénographe et costumier officiel du Théâtre de la Ville de Tunis, qu'il trouve travaillant encore sur la tirade et le statique et lui apporte la dimension du théâtre total, y intègre la musique, la danse, le gestuel et la multiplication des objectifs, des personnages et des aires de jeux de la scène avec Bechir Drissi. Son succès interpelle le théâtre Phou et le Ballet Ikaa qui font appel à lui pour les fonctions de décorateur et de costumier. Il présente son travail créatif au Théâtre de la Ville de Tunis, ainsi qu' au Festival de Carthage (ballets, sculptures, constructions sur scène...).

1982: La médaille de bronze lui est décernée à la Biennale des Artistes Arabes à Koweït.

1983: Il crée la première griffe de Haute Couture en Tunisie, « Créations Mansi » et organise des défilés

1987-90: L'état tunisien lui confie le dessin de timbres-postes, les premières séries à thèmes internationaux et contemporains, des séries limitées et des tirages de collections.

1990: Moncef Mansi crée le "Comité International de réflexion et d'action Elyssa" avec la participation d'artistes espagnols, grecs et français. Il participe au Conseil Exécutif de l'Association Internationale des Arts Plastiques/UNESCO.

1992: Initiateur, membre fondateur et Président de la Chambre des Beaux Arts de Méditerranée, basée à Paris et de Artistes sans Frontières, association internationale basée initialement à Bruxelles et actuellement à Paris, il conçoit et lance les projets suivants de coopération au développement et d'action culturelle au niveau régional et international:

1992: Ateliers Internationaux: résidence d'artistes, expositions, Prix Art-Dialogue pour les arts plastiques

1993-96: Ullyssa-art, projet financé par la Commission Européenne, Programme MED-URBS, Grèce, Liban, Italie: échanges entre artistes de la Méditerranée, expositions régionales, ateliers de formation de jeunes et de femmes.

> Création de Bureaux Régionaux de la Chambre des Beaux Arts de Méditerranée et d'Artistes sans Frontières au sein de l'ancienne Mairie de Maroussi, à Athènes. Les discours d'ouverture son prononcés par M. Ernest Glinne, Député Européen et Président d'Honneur d'Artistes sans Frontières, Moncef Mansi et le Maire de Maroussi.

> Moncef Mansi obtient le titre de Consultant pour les pays méditerranéens, dans le cadre des Programmes MED-URBS de la Commission Européenne (première phase du partenariat Euro-Méditerranéen).

> Création en Grèce du Centre de Liaison Artistique et Culturelle en Méditerranée - La Néo-Cité des arts et des civilisations euro-méditerranéenes: organisation d'évènements artistiques, résidence d'artistes internationaux, expositions, formations en fresque, restauration, dessin, mosaïque.

> Ateliers de Sculpture en plein air de Zouk-Mikaël, banlieue de Beyrouth, Liban.

> Moncef Mansi donne une Conférence sur la coopération culturelle Européenne en Méditerranée et ses instruments financiers, à la Ligue Culturelle de Tripoli, Liban.

1995-96: Colloque «La situation des artistes en Europe et en Méditerranée », Grèce, Italie, Liban, Suisse, Suède, Danemark

1996-1997: En partenariat avec la Fondation « Jordan River » présidée par Sa Majesté la Reine Rania Al Abdullah, projet « Formation professionnelle et intégration socio-économique des réfugiées Palestiniennes », Baqa'a, Jordanie, financé par la Fondation France Libertés, la Guilde Européenne du Raid et Centre National de Coopération au Développement, Belgique.

1997-98: Ateliers artisanaux dans la région du Choûf, Liban, financés par le Centre National de Coopération au Développement, Belgique

2000-2002: Projet « Femmes des deux rives, renforcement des capacités des artisanes, actrices de développement » financé par le Ministère français des Affaires Etrangères, le CCFD, France Libertés: Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie, Palestine, Liban, Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Ukraine. Organisation du Premier « Salon des artisanes » à Paris Châtelet.

2001: Invité par l'Institut International de Diplomatie à Amman il prononce un discours intitulé « Econo-culture et socio-culture, la culture inavouée », qui renverse les idées reçues sur les relations de la Culture à l'Economie.

2002-2006: Projet PRODECOM, financé par la Commission Européenne, programme Euromed Héritage II (Algérie, Maroc, Jordanie, Palestine, Turquie, Grèce): préservation des savoir faire, protection et promotion des artisans et de leurs créations, conception du label « Produits Culturels de Développement ® » reconnu par l'UNESCO et enregistré à l'Institut National de Propriété Industrielle en France.

Entre 2004-2005 il effectue de longs séjours en Ukraine, nommé Consultant dans le cadre d'un projet de coopération mené par l'Université Taras Chevchenko de Kiev.

2004-2006: Exposition itinérante « Empreintes et Couleurs de Méditerranée » : UNESCO Paris, Société d'Encouragement aux Métiers d'Art, Paris, Centre Culturel de la Municipalité d'Amman-Jordanie, Mostra internationale de l'artisanat et des métiers d'art, Florence-Italie, Bastion 23 Alger-Algérie, Maison de l'Artisan, Rabat-Maroc.

2007-2008: Projet CultLink, financé par la Commission Européenne en Syrie: Participation au Programme Officiel de Damas, Capitale arabe de la Culture 2008 – Colloque interrégional: « Diversité culturelle et développement local », Syrie, Liban, Egypte, Palestine, Algérie, Turquie

2009-2010: Projet d'appui à l'artisanat de Bosnie-Herzégovine, consultation auprès de l'UNESCO, Bureau de Sarajevo

2010-2012: Projet « Artisanes d'Afrique, actrices du développement », Tunisie (partenariat avec l'ONAT), Algérie, France, Mali, Burkina Faso, Niger.

Sous l'impulsion de la présidence de Moncef Mansi, la Chambre des Beaux Arts de Méditerranée et Artistes sans Frontières sont devenues des Organisations d'envergure internationale, éléments incontournables du paysage de la coopération au développement et de l'action qui vise à consolider la dimension culturelle du développement. La Chambre des Beaux Arts de Méditerranée a par ailleurs acquis le statut consultatif auprès du Comité Intergouvenrmental pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel à l'UNESCO avec laquelle elle entretient des relations officielles.

La Chambre des Beaux Arts de Méditerranée et Artistes sans Frontières ont donné naissance en 2007 au Réseau Culturel Européen de Coopération au Développement, dont Moncef Mansi est également président et qui dispose d'un siège à Paris et d'antennes régionales en Corse, en Grèce et en Turquie - et bientôt en Tunisie.

Des oeuvres de Moncef Mansi se trouvent à des Musées et des collections privées en Europe, aux Etats-Unis, dans des pays Arabes et au Japon.

 

 

Parcours biographique publié le 5 mars 2010 dans le journal La Presse de Tunisie, dans un article signé par Bady Ben Naceur